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mairie du 4 eme 2016

The 770: Lubavitchs of Brooklyn

Ces temps-ci, il pleut à verse. Il pleut des phrases abjectes, imbéciles, terrifiantes. Partout. Elles sont partout. Yvan Attal a raison. « Il n’y a pas point de petite haine. La haine est toujours énorme. Elle conserve sa stature dans le plus petit être et reste monstre. Une haine est toute la haine. » (Victor Hugo). Pour combattre l’antisémitisme, sa désinhibition crasse et fiérote – car ces temps-ci, certains sont devenus si fiers de leur haine qu’ils la revendiquent, la crient sur tous les toits, la déversent sur la toile comme s’ils n’avaient plus rien d’autre que ça pour se remplir ou exister –, pour tordre le cou aux regards obliques et torves, aux paroles ignorantes, aux préjugés ou aux fantasmes sombres qui se posent sur les juifs et qui s’accrochent à eux comme une tique sur le dos d’un chat, il existe quelque chose dont seuls les hommes sont capables : l’humour. Et lorsque l’on cherche dans le dictionnaire un synonyme de ce mot, voici ce que l’on trouve : dérision, esprit, fantaisie, gaieté, ironie, plaisanterie, sel et verve. Une foule de noms qui racontent et embrassent la série de photographies de Sacha Goldberger sur les Loubavitchs de Brooklyn à New-York, exposée
du 15 juin au 19 juillet à la mairie du 4 eme arrondissement de Paris dans le cadre du Festival des cultures juives. « Avec Ben Bensimon mon co-auteur, précise l’artiste, nous avions envie de montrer une autre vision du judaïsme, dans une période où la parole antisémite redevient banale. Par ces images, nous avons voulu poser sur la religion juive, un regard positif, poétique, spirituel et humoristique, une façon de lutter contre les idées reçues. En photographiant ces femmes et ces hommes objets de tant de préjugés, nous avons pu observer leur capacité à l’autodérision et leur aptitude à faire partager leur joie. » Les hommes en noir qui portent des chapeaux s’amusent devant l’objectif de Sacha Goldberger, à coincer leurs longues barbes dans les portes d’entrée ou de
voiture, une pile de livres entre les mains grosse comme une montagne, assis s’instruisant sur la machine à laver d’un lavomatic, ils s’amusent campés sur une mobylette, perchés priant sur un poteau, une poubelle de rue, un feu de signalisation, ils s’amusent avec un masque de Batman sur la tête. À travers ces images, ce que l’on voit, c’est l’amour, la joie, le plaisir, la foi, la connaissance et la passion de la transmission. C’est drôle, c’est émouvant. Et cette fois, ici, c’est le sourire qui gagne. Julie Estève
Cette série a demandé une année de conception, deux mois de prises de vue, six mois de développement. Les tirages argentiques / agrandisseurs ont été réalisés par Les laboratoires Demi-Teinte et Diamantino. Tous les sujets de cette série sont de véritables Loubavitchs qui ont eu la gentillesse et la fantaisie de se prêter à nos mises en scènes…